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PARENTS TOXIQUES MALGRE NOUS ?

Parents toxiques

Nous avons appris la plupart du temps, à ne pas s’écouter, à obéir sans toujours comprendre le pourquoi, à faire ou ne pas faire des choses, à dire et ne pas dire des mots sous le couvert d’être poli(e), bien élevé, serviable, et j’en passe. Et que l’on dise de nous que l’on est bien éduqué(e) ou que nous sommes de bons parents.

Alors aujourd’hui nous nous retrouvons dépourvu(e)s car nous ne savons plus nous écouter, nous sommes coupé(e)s de nos ressentis pourtant précieux pour organiser notre vie le plus en accord possible avec qui nous sommes, nous n’entendons plus nos besoins fondamentaux crier, focalisés que nous sommes, à œuvrer à une jolie façade appréciable du monde extérieur au détriment de notre être intérieur. Vous savez la phrase qui vous traverse 10 fois par jour : « Qu’est ce que les gens vont dire ? »

Comme nous sommes déconnectés de nos aspirations profondes, nous appliquons parfois à la lettre ce que l’on nous a enseigné. Et de générations en générations nous reproduisons les mêmes schémas sans même nous demander quel impact ces comportements, ces injonctions, cette éducation a, ou pourrait avoir sur nos enfants à terme. Sans même s’apercevoir, que nous ne vivons pas à la même époque, sans même nous rendre compte que les situations et organisations familiales, sociétales sont différentes.

Aujourd’hui, nous disposons de la connaissance et d’études1 qui pointent du doigt les éducations rigides et violentes2, tout comme les éducations ultra permissives, et souvent je retrouve dans ma pratique un peu des deux. D’un côté on laisse tout faire et de l’autre on met au coin au premier prétexte venu.

J’entends encore trop souvent des parents, bien plus jeunes que moi dire, à l’époque de mon père, de mon grand-père, cela ne se serait pas passé de telle ou telle façon, avec comme un regret de ne pas pouvoir mettre une bonne fessée, de secouer une bonne foi, pour mettre fin à une situation qui exaspère et donner « une bonne leçon ».

Attention, je ne suis pas en train de stigmatiser qui que ce soit, j’attire l’attention avec des mots forts dans le but d’ouvrir l’esprit et d’arriver à une prise de conscience qui permette de trouver un équilibre émotionnel. J’ai bien conscience que chacun fait ce qu’il peut avec les outils dont il dispose, j’invite ici à la réflexion et à l’introspection et à évaluer et tester d’autres outils.

Je reste convaincue qu’il y a un équilibre et un juste milieux entre ces deux paradigmes, il s’appelle le « bon sens » et est complètement dénué du besoin d’être un parent parfait, la bonne nouvelle les parents parfaits cela n’existe pas alors on se détend un peu.

Pour en revenir aux enfants, un des besoins fondamentaux de l’enfant est la sécurité, c’est le 2ème besoin primaire après les besoins physiologiques. Un enfant a besoin de se sentir en sécurité.

Qu’est-ce qui peut être sécurisant pour un enfant ?

  • Un cadre souple et évolutif
  • De la cohérence entre le dire et le faire
  • Du bon sens
  • Etre entendu et reconnu dans ses émotions (pas juste écouté) cela va plus loin que l’écoute.
  • Le respect de son intégrité (les moqueries à outrance on oublie)

Pour donner un exemple : dès leur plus jeune âge on apprend aux enfants à dire bonjour en faisant la bise, sous peine qu’il soit tagué d’impoli et vous de mauvais parents. De mon point de vue, obliger un enfant à saluer quelqu’un en faisant la bise, que ce soit à un adulte ou à un autre enfant de la famille ou pas, c’est forcer son intimité, c’est nier son ressenti, peut-être a t’il besoin de plus de temps d’observation pour ressentir que la personne en face est ok et saine pour lui et faire confiance aux ressentis de son enfant. Dès qu’il sera en confiance, il ira en courant et avec tout son cœur d’enfant dans les bras des personnes avec lesquelles il se sent en sécurité et en confiance. Commençons par lui apprendre à dire bonjour en saluant avec la main c’est suffisant.

Avez-vous une idée de combien d’enfants sont abusés et harcelés parce qu’ils ne savent plus dire non à un adulte ou un autre enfant pour paraître poli, bien élevé ?

Combien d’enfants devenus adultes sont aussi abusés parce qu’ils n’ont pas su détecter le danger ou que l’adaptabilité a été poussée à l’extrême ?

Laisser du temps à un enfant pour appréhender lui-même avec ses propres ressentis et non les vôtres, son environnement, c’est lui donner toutes les chances de pouvoir résister à des menaces sur son intégrité, et des prédateurs en tout genre, c’est respecter son espace vital.

Je me souviens gamine, j’avais un oncle qui n’était même pas mon oncle qui était celui d’un cousin, auquel j’étais forcé de dire bonjour et qui attrapait systématiquement ma joue entre ses deux doigts pour la pincer et la tordre, j’ai toujours en mémoire, la décharge électrique et la douleur que je ressentais à l’époque. Bien entendu cela faisait rire tout le monde. Tout mon corps refusait d’y aller, mais j’étais une bonne petite fille obéissante à l’époque, et surtout je ne souhaitais pas me faire sermonner. Je me suis adaptée à la douleur, à ce que je vivais comme un manque de respect, une agression et qui n’était pas un geste affectueux, pour ne pas déplaire à mon entourage, in fine pour être aimée et ne pas être rejetée. C’est l’adaptabilité à l’extrême et ce n’est qu’un exemple, qu’une expérience qui de fil en aiguille m’ont emmené vers d’autres expériences bien plus intrusives pour lesquelles je n’étais pas équipée.

D’où ma volonté et ma passion pour vous accompagner dans votre rôle de parents afin que vos petites têtes blondes soient équipées du mieux possible, en leur offrant un espace sécurisant dans lequel ils puiseront leurs ressources, un espace qui favorisera leur discernement, leur intuition, la confiance en leurs capacités, la confiance en l’adulte que vous êtes.

C’est à vous parents que je m’adresse, en tant qu’accompagnante en parentalité consciente, à vous qui êtes les passeurs de relais, à vous qui inspirez vos enfants, à vous aussi qui êtes la prunelle de vos enfants, car le lien d’attachement est puissant entre vous et votre enfant.

Entre laxisme et autoritarisme, il y a un espace pour l’éducation positive ou le cadre existe et est rassurant, ou les limites existent et sont appliquées et expliquées avec bon sens et justesse. Dans cette éducation bienveillante et positive, il y a aussi de la place pour les parents à faire des erreurs et à faire de leur mieux.

Si vos blessures à vous, vous hantent encore, si votre émotionnel n’est pas à l’équilibre, si vous souffrez encore de traumatismes, alors le risque est : de reproduire des comportements inadaptés voire toxiques à l’égard de ceux qui vous sont les plus chers. Prenez soin de vous, de votre bien-être intérieur et de votre système émotionnel.

Etudes publiées :

  1. Publiés dans la revue Epidemiology and Psychiatric Sciences, les résultats établissent un lien entre discipline sévère ou hostile et troubles de la santé mentale sur long terme ↩︎
  2. La science est tout de même catégo­rique sur certains points, en par­ticulier celui de la maltraitance et de ses ef­fets dévastateurs. Les études sont très nombreuses, et toutes concordent. La négligence, les châtiments corporels ou les violences psychologiques (insultes, humiliations, paroles haineuses) subis dans l’enfance augmentent les risques subséquents d’anxiété, de dépression, de stress post-traumatique, de troubles de la personnalité, d’abus de substances et d’agressivité. Une enfance trau­matique est aussi associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires, d’asthme, de diabète, et même de cancer à l’âge adulte. Les enfants victimes d’abus et de négligence ont une espérance de vie réduite ; la structure de leur cer­veau est modifiée, et même leur ADN porte des stigmates durables de ces violences, sous forme de marques dites « épi­génétiques ».p ↩︎
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